Coup de projecteur sur le film Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou.

Il est de ces films que l’on va voir pour s’arrêter, pour faire une pause, pour écouter le silence. Il est de ceux qu’on va voir sans attendre rien, parfois en passant par-là, et dans lesquels on aimerait juste plonger. Le voyage est sous nos yeux, il nous suffit de nous laisser porter par la musique, glisser sur le lac gelé derrière le camion de Raphael Personnaz qui a le regard ailleurs, bien loin d’ici déjà, bien loin de tout et de plus en plus proche de lui-même.

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Dans les forêts de Sibérie est un film pour se perdre et se retrouver. Il parle du courage d’un homme ou de sa lâcheté qui, pour assouvir une soif de liberté, s’exile seul dans une cabane en Taïga, sur les rives gelées du lac Baïkal. Une nuit, il va faire la rencontre inattendue d’un homme en cavale caché dans la forêt sibérienne depuis des années. Cette rencontre va bouleverser sa vie.

Tout au long de son voyage et grâce au talent de Raphael Personnaz, on découvre un homme plein de doutes et de remises en question, qui vacille parfois vers l’enfant aux yeux rieurs et émerveillés et aux peurs ancrées profondément en lui.

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On a froid avec lui, on rit avec lui, on écoute la glace qui durcit avec lui, le monde qui respire. Sa rencontre avec Aleksei, ce russe en cavale va profondément nous émouvoir. Il est impossible de survivre seul dans ce monde, ou en tout cas ça n’en vaut pas la peine ; ce message fort du réalisateur est percutant et résonne comme un écho sur le lac gelé.

Cet autre, que l’on craint, que l’on admire, que l’on jalouse, et que l’on finit par aimer n’est pas si différent. Les deux hommes ne parlent pas la même langue mais ils se comprennent malgré tout. En détruisant Babel, Safy Nebbou brise la glace de ses personnages avec subtilité et savoir-faire.

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Puis vient l’abandon. Le moment où l’on ne peut que lâcher-prise face à la vie et à la nature qui reprend ses droits sur l’Homme. Cette acceptation marque certainement le passage de l’enfance à l’âge adulte.

Le spectateur sort de la salle de cinéma tremblant, on ne peut dire si c’est de froid ou d’émotion mais on en a une petite idée.

A aller voir absolument.

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